Retour aux sources est le thème d’une conférence de presse qui s’est tenue à Bafoussam, le 14 novembre 2009 à l’occasion de la célébration des 30 ans d’existence du journal Le Messager. Une initiative de son directeur de publication (Dp), Pius N. Njawe qui a mobilisé l’aréopage des journalistes exerçant à Bafoussam, des invités dont l’opérateur économique, Philippe Tankou ; le journaliste Belge et président de l’institut supérieur de formation sociale et communication à Bruxelles, Vandaorne Cal ; Isabelle Calabre, journaliste ; Hubert Del Marmol et des curieux. Alphonse Teubissi Bouham, journaliste à Radio Batcham, a officié comme modérateur. Le thème de cette célébration s’intitule : Le Messager fête la presse libre… La presse libre fête les libertés.
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D’entrée, Pius N. Njawe confie que le thème de la causerie n’est pas innocent. « Le Messager garde ses racines à Bafoussam. Il est de bon ton que nous revenions sur nos traces chercher l’onction là où nous avons notre cordon ombilical.» Il poursuit en parlant des circonstances qui concourent à la sortie du 1er numéro du journal. « Le 17 novembre 1979, le 1er bébé doit naître. Il est 24 h 05 mn. Je n’ai pas les frais d’impression, ni de l’argent pour faire un chèque de garantie. Je rencontre Monsieur Philippe Tankou qui a une imprimerie et je lui présente la situation. Il est favorable. Sur ce, 5 000 exemplaires sont tirés. Il admire mon audace et me dit que je suis un vrai aventurier. Ensuite, il me dit d’aller vendre le produit et revenir le payer. Le lendemain les journaux sont transportés dans la voiture du regretté papa Ngeuwo Magellan pour être présentés sur le marché. Ils se vendaient comme des petits pains. L’idée de la création du journal vient du fait que La Gazette dans laquelle je travaillais ne me permettait pas de m’exprimer comme il faut. C’est pourquoi j’ai osé. » Il rajoute que c’est après trois ans d’existence à Bafoussam que le journal est délocalisé à Douala.
Aux dires du Dp, le thème de la célébration du trentenaire, témoigne du fait que le combat a contribué à élargir de façon significative des espaces de liberté. Et comme chaque victoire mérite d’être célébrée, «nous n’avons pas voulu célébrer un journal, mais des valeurs que nous portons ensemble et pour lesquelles nous sommes allés en prison. Nous avons célébré 30 ans de lutte, de résistance contre l’oppression aveugle qui s’est abattue sur les médias de ce pays. C’est donc un appel à plus de professionnalisme, à une remise en cause de notre profession. Pour ne plus prêter le flanc à nos procureurs de telle sorte que chaque fois qu’on arrête un journal ou un journaliste que cela soit perçu comme une atteinte à la liberté de la presse.» Il conclut que la liberté de la presse n’est jamais définitivement acquise. « Nous devons nous battre. Il faut maintenir la garde. Nous préférons déposer la plume que de nous compromettre pour faire fonctionner le journal ».





