A tout Seigneur, tout honneur. L’an 30 du journal « Le Messager » vient s’imposer à une actualité déjà assez captivante. Comme pour la rendre plus riche et plus exaltante. Le tournoi de football inter média pensé à l’occasion de la célébration de cet événement qui s’annonce grand et particulier, vient en fait à point nommé.
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30 ans d’existence, synonyme de 30 années de débat et … de combat dans la société camerounaise et dans toutes les composantes de celle-ci. Débat et combat sur tous les plans : du socio-politique au culturel en passant bien évidemment par le sport.
En sport, faut-il le dire, « Le Messager » ne fait pas non plus dans la dentelle. La doyenne des publications des journaux à capitaux privés aujourd’hui, a toujours consacré des pages entières pour informer, dans le style qui lui est propre, l’opinion des exploits aussi bien que des contre-performances des athlètes ; autant qu’il n’hésite de dénoncer les travers managériaux et de gestion dont se rendent souvent coupables ceux qui sont appelés à diriger notre sport. Ce style très particulier lui a souvent valu bien des inimitiés et fort heureusement aussi une foultitude d’admirateurs pour ne pas dire d’amis, parmi ceux (plutôt rares) qui pensent encore que le sport est l’école par excellence de la rectitude, où la tricherie n’a pas droit de cité. De nombreux actes de sympathie, voire de reconnaissance pour le travail rendu au sport se sont manifestés depuis lors, dont l’invitation expresse en 2000 du président de la confédération africaine de football (Caf), à la phase finale de la coupe d’Afrique des nations. « Pour tout ce qu’il fait pour le, sport et le football particulièrement, Le Messager par votre biais, est convié à la première coupe d’Afrique des nations qu’organisent concomitamment deux pays à savoir le Ghana et le Nigéria… » avait lancé Issa Hayatou à votre humble serviteur, auteur de cette chronique, alors chef du service des sports à votre journal. Joignant le geste à la parole, le président de la Caf, par ailleurs vive-président de la Fifa, allait libeller une invitation spéciale de la Caf au représentant du Messager qui allait ainsi assurer la pleine couverture de cette manifestation sportive, la plus grande du continent et bien plus, qui avait un caractère exceptionnel avéré cette année-là, parce que organisée par deux pays à la fois. Belle initiative qui pourrait se renouveler seulement en 2012 avec le Gabon et la Guinée Equatoriale…
Fort de ces acquis et fier plus que jamais de la vocation que lui avait assigné dès le départ (en 1979) Pius Njawé son fondateur, il eut été impensable et même injuste que les 30 ans du journal Le Messager se célèbrent sans une belle articulation sur le sport. Aussi, le tournoi de football inter médias qui s’ouvre aujourd’hui se pose-t-il comme un bon témoignage de la place que le sport préfère des Camerounais a, de tout temps, tenu dans « Le Messager », en même temps, qu’il est une occasion idoine pour les professionnels de la communication de…professer leur confraternité —pas toujours évidente— et dont la quête se veut permanente pour espérer un jour son effectivité.
Le trentenaire du Messager offre une belle opportunité aux journalistes de célébrer, à travers le tournoi inter média de football, les libertés sans lesquelles ils ne sauraient exercer en toute indépendance le métier ; une opportunité, comme il y en a rarement, d e rassembler, dans un même camp, l’immense univers des médias, ce d’autant plus qu’on ne comptera pas moins d’une cinquantaine d’hommes de presse —tous médias confondus—dimanche matin 15 novembre, au stade du Groupement mobil d’intervention (Gmi) à Bonanjo. Rassembler et promouvoir des valeurs d’éthique, il n’y a pas meilleur facteur que le football. On ne le sait que trop bien au Messager, raison pour laquelle…
Un événement pouvant en cacher un autre, l’attention des Camerounais va se partager entre les festivités marquant les 30 ans du Messager et le match que vont livrer demain samedi à Fès au Maroc, les Lions Indomptables contre les Lions d’Atlas. La rencontre, capitale de par son enjeu, va être déterminante pour l’avenir immédiat de l’équipe du Cameroun. Demain sera certainement le jour le plus long pour Samuel Eto’o et ses coéquipiers. Le suspense, à l’heure qu’il est, est à son comble. A 90 mn du mondial sud-africain, le Cameroun et le Gabon se tiennent encore en respect, dans une sorte de mano à mano irrésistible et qui prête à conséquence, la légère avance des Lions Indomptables sur les Panthères du Gabon ne pouvant s’entrevoir formellement comme la garantie d’une qualification. Conscients du terrible enjeu que revêt le match de demain, Paul Le Guen et ses poulains savent qu’ils n’ont qu’une seule alternative : gagner coûte que coûte le match de Fès. La furia qu’affichent les Lions Indomptables dans leur expédition marocaine va certainement se heurter contre un adversaire qui doit ruminer quelque colère vis-à-vis de son adversaire et ce pour au moins deux raisons : l’équipe du Maroc a à cœur de régler un contentieux vieux de près de 30 ans contre son adversaire du jour. On se rappelle que pour aller au mondial espagnol en 1982, c’est à Kénitra, au Maroc, que les Lions Indomptables étaient allés chercher leur qualification, au grand dam des Lions d’Atlas. Sept ans après, en 1988, le Cameroun allait gagner à Rabat (toujours au Maroc) sa 2e coupe d’Afrique des nations après la première remportée en Côte d’Ivoire en 1984, devant un public marocain aussi bien émerveillé que médusé ; il faut croire que les Marocains n’ont pas oublié cette gifle que leur avaient administrée des footballeurs camerounais particulièrement ambitieux et imbus de leur talent, primo ; secundo, à Rabat comme à Kénitra ou à Fès et dans tout le pays, on dit, à qui veut l’entendre, que les Lions d’Atlas n’ont plus que la Can pour sauver leur saison internationale ; traduction : la qualification pour l’Angola passerait impérativement par une victoire sur les Lions Indomptables.
L’on ne saurait qualifier ces propos des Marocains de simples allégations. Les Lions d’Atlas ne sont-ils pas venus tenir la dragée haute aux Lions Indomptables au stade Ahmadou Ahidjo au match aller ? Alors seule la fin du match viendra mettre un terme à toutes les supputations sur l’empoignade entre le Maroc et le Cameroun demain à Fès.





