Elle s’appelle Eva Joly. Norvégienne de naissance, Française par les liens du mariage. Ce qui lui a permis de faire carrière dans la magistrature en France où elle a été juge d’instruction. Son engagement dans la lutte anti-corruption dans ce pays a ce fait une personnalité redoutable et redoutée. Parmi ses « victimes » François Léotard, Bernard Tapie, Loïk Le Flock-Pringent, Alfred Sirven, André Tarallo, Philippe Jaffré, un quartuor dont on a beaucoup parlé dans la fameuse affaire Elf conduite par Mme Joly. Et même Roland Dumas, président du Conseil constitutionnel avec sa maîtresse Christine Deviers-Joucour.
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Tous gardent un souvenir amer de leur passage devant cette juge. Même si rien ne pouvait leur arriver. Ils avaient gagné tant de batailles politiques ou financières, connu tant de retournements, ils étaient devenus si importants…Ils n’avaient pas tort avec leurs certitudes, car rares étaient alors les dossiers ayant abouti à des condamnations. L’affaire Elf fut l’une des rares menées jusqu’au bout. Mais combien d’amendes ? Combien ont été redressés par les services fiscaux ? Le grand édrédon des élites françaises a amorti les coups. « La République sait distribuer les passe-droits, les coups de pouce et les aides fraternelles » écrit-elle dans La force qui nous manque, son livre paru en 2007, dans lequel elle consacre un de ses onze chapitres à l’Afrique : « Justice pour l’Afrique »
Sa « mission » terminée en France où elle a pris sa retraite, Eva Joly rentre dans sa Norvège natale. Pas pour un repos bien mérité, mais pour s’engager dans un autre front. Elle est conseillère pour la lutte contre la corruption et le blanchiment. Au nom de son pays, témoigne-t-elle, dans les grandes institutions internationales ou dans les soupentes des juges de Naïrobi ou de New Dehli, elle rencontre depuis cinq ans (nous sommes en 2007 Ndlr) des hommes et des femmes à la hauteur de leur rêve.
La force nous manque, trop souvent souligne-t-elle, pour bousculer l’ordre des choses dans notre vie ou dans les affaires publiques. Ses deux premiers livres « Notre affaire à tous » et « Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ? » publiés aux éditions Les Arênes, ont été vendus à plus de 450 000 exemplaires en France et à l’étranger. Son souhait est que « La force qui nous manque » soit pour ses lecteurs ce qu’il a été pour elle, « un petit traité d’énergie et d’orgueil féminin ». Nous on dirait de détermination dans la lutte contre la corruption qui gangrène l’Afrique.






