Barack Obama “L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions.”

Fraude: Le rôle des Camerounais dans le pillage de la Beac

Par leopold.chendjou | Mardi 3 novembre 2009 | Le Messager

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On le sait déjà. Des cadres en service à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) ont mis sur pied un vaste réseau qui a permis la distraction de près de 18,5 milliards Fcfa appartenant aux Etats de la communauté économiques et monétaire de l’Afrique Centrale.  Dans un rapport commandé par le Fonds monétaire international (Fmi), l’on apprend que 101 employés de la Beac sont de près ou de loin mêlés à ce scandale. Même si l’on peut de prime abord considérer que le gros contingent de ces présumés détourneurs sont de ressortissants gabonais, il n’en demeure pas moins que tous les autres Etats membres ont leurs citoyens impliqués dans ce scandale. Quid du Cameroun ?

Environ une dizaine de Camerounais sont suspectés dans ces détournements. Le premier compatriote cité dans cette affaire n’est autre que Roger Kemadjou. Aujourd’hui suspendu de ses fonctions, il a été  délégué du gouverneur entre 1998 et 2008, puis directeur adjoint aux relations internationales de la Beac à Yaoundé.

Selon les missions d’enquête, Roger Kemadjou aurait bénéficié de quelques chèques et virements frauduleux pour un montant de 14.000 euros, soit environ 10 millions de francs Cfa. Ce qu’il ne reconnaît cependant pas, selon le rapport d’enquête de la Beac. Le deuxième Camerounais impliqué n’est autre que Sabine Tiako, agent de bureau d’ordre. Le quotidien Mutations n° 2522 du lundi 2 novembre 2009, indique qu’elle était la première personne en contact avec le courrier « arrivée », et qu’elle ne pouvait pas ne pas être impliqué dans les détournements de courriers, relevés de comptes bancaires, chèques, chéquiers, etc. Notre confrère va plus loin en précisant qu’elle a bénéficié des largesses d’Armand Brice Ndzamba, le principal suspect dans cette affaire. Il aurait mis à la disposition de cette dame un véhicule privé. A quelles fins ?

Informations comptables

Il y a aussi le cas de Jacques Nsolé, l’adjoint au directeur de la comptabilité de 2001 à 2008. Le rapport d’audit précise qu’il a entretenu sur une longue période, de fausses informations comptables sur le compte de la Beac. Il assume toujours selon les enquêteurs, la défaillance dans les rapprochements bancaires et le non provisionnement des suspens de rapprochements recommandés par les commissaires aux comptes.  Les autres Camerounais cités sont : Réné Libong, Robert Prosper Nken, Jean Marie Yana, Ali Adamou du cabinet Kpmg (Cameroun), Jérôme Minlend, Pdg de Cameroun Audit Conseil anciennement Ernst and Young, premier commissaire aux comptes de la Beac pour les exercices allant de 2000 à 2005, Moïse Wanji, chef de service de la comptabilité générale. Le comité d’audit a procédé à la fin du mois d’octobre à l’audition des personnes sus-citées au siège de la banque centrale à Yaoundé. Au regard du rapport d’enquête dont nous avons eu accès difficile pour le moment de savoir avec exactitude jusqu’à quel point ce deuxième groupe de Camerounais sont impliqués dans ce scandale.

Pour ce qui concerne les détournements proprement dits, progressivement, l’on y voit plus clair. Les résultats du cabinet Mazars et Théodore Dabanga révèlent ainsi que le Bureau extérieur de Paris (Bep) a reçu de janvier 2004 à mars 2009 des approvisionnements de l’ordre de 36,174 milliards Fcfa. Pendant cette période, les enquêteurs ont pointé 858 chèques et 6 virements frauduleux au profit de 101 bénéficiaires, 1306 retraits en espèces frauduleux et 38 bénéficiaires de titres de transport aériens frauduleux. Le rapport estime à 18,5 milliards Fcfa le montant du préjudice subi par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac).

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7 Réactions

  1. pipondab dit :

    Là où on détourne les camerounais ne sauraient manquer, voyons si ne sont pas les initiateurs des gabonais dans ce jeu!!!!

  2. tony dit :

    Jusqu’a la presente publication les camerounais font pietre fugure sur la scene, avec moins de 25 millions cfa au total, c’est de la plaisanterie qu’on nous sert . Parlez-nous au moins des centaines de millions . A ce point les camerounais ne vallent meme pas la peine d’etre mentiones, il faut aller voir ailleurs .

  3. Mut binam dit :

    Il faudrait instituer un tribunal Pénal Economique International pour traquer tous les détourneurs de fonds dans nos pays. Trop c’est trop ! Nos peuples n’en peuvent plus de tous ces crimes économiques perpétrés sous les yeux, sans réaction énergique de nos gouvernements !
    A cette allure, la seule solution serait que les détouneurs ne soient localisés et abattus froidement par la population, excédée de tant d’impunité !

  4. midadi dit :

    Dans tous les cas, il faut imputer les pertes au compte courant de l’Etat gabon quitte à ce que le Gabon poursuive ses citoyens voleurs à rembourser ou saisir leurs patrimoines. Ces voleurs, il faut les juger pour les mettre en quarantaine. Des gens sans foi ni loi qui voudront avec le produit de vol vouloir solliciter des suffrages pour piller nos pays à grande échelle…

    Il faut profiter de ce tsunami pour tous changer à commencer par le consensus de Fort Lamy qui consacre le gouvernorat aux Gabonais. Tout le monde a le pétrole maintenant. Le gouvernorat doit être tournant avec mandat de 3 ans renouvelable une fois suivant performance.

    LE recrutement à BEAC doit être confié aux cabinets de recrutement question de bonne gouvernance et éviter de créer une écurie de futurs voleurs…

    Voila ma contribution

  5. rambo dit :

    Après lecture du Messager du lendemain 04/11/2009 où il est rectifié que les camerounais des cabinets KPMG et Ernst & Young sont plutôt des commissaires aux comptes de la BEAC qui étaient auditionnés pas comme suspects, mais plutôt comme des personnes ressources devant éclairer la réligion des membres du Comité d’audit, il résulte finalement qu’il reste seulement trois camerounais suspects, à savoir: KEMADJOU, WANDJI, TIAKO tous originaires de l’ouest. Pourquoi le messager a fait l’amalgame le 03/11 avant d’apporter un rectificatif le lendemain? voudrait-on dire qu’il n’y avait pas que les camerounais de l’ouest? Pourtant dès qu’il ya affaire de Nkap…

  6. Borsalino dit :

    Qu’est ce à dire quant à ces détournements? Sinon que la crédibilité de l’Afrique centrale est vraiment en jeu. Piller le Cameroun, le roi des camerounais a toujours demandé des preuves de vol. Alors l’impunité a toujours prévalu au pays malgré tous ces pilleurs de l’argent du contribuable. On continue à s’endetter. Mais piller la Beac, alors la on a dépassé les bornes. Les intêressés sont restés en poste allant même jusqu’à défier le Valais français Ali Bongo. Est-ce normal pour nos pays. Ont il pensé à nos enfants? Dieu est au ciel et j’espère qu’il s’occupera de ces malfrats.

  7. theo banye dit :

    it is not surprising to find Cameroonians amongst the embezzlers at BEAC.I think the CEMAC states need to revise the contro and audit systems because it is shame for such a scandal to happen in a Central Bank and at the international level.Appropriate sanctions such be inflicted on these crimimals and too the funds stolen should be recovered.these embezzlers should even be laid off.

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