Cinquantenaire Mobilisation: Succès mitigé pour Paul Biya

Par jean.francois.channon | Vendredi 21 mai 2010 | Le Messager

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Le président camerounais doit-il pavoiser à l’issue des festivités marquant le Cinquantenaire de l’Indépendance du Cameroun, dont le clou des cérémonies était la grande parade du défilé militaire et civil d’hier au Boulevard du 20 Mai ? Peut-être. Sur l’ensemble des chefs d’Etat invités (des sources bien introduites parlent de 17 chefs d’Etat dont les pays célèbrent cette année le cinquantenaire de leurs indépendances), Paul Biya en a reçu dix. Il s’agit de Blaise Compaoré du Burkina Faso, Ali Bongo Ondimba du Gabon, Théodoro Obiang Nguema de Guinée Equatoriale, François Bozize de Centrafrique, Idriss Deby Itno du Tchad, Denis Sassou Nguesso du Congo, Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire, Fradique de Minezes de Sao Tome et Principe, Goodluck Jonathan du Nigeria et Joseph Kabila de la République démocratique du Congo. A cela s’ajoute les anciens chefs d’Etat nigérians Olussegun Obassandjo et Yakubu Gowon qui ont répondu à l’invitation du chef de l’Etat camerounais. La France, ancienne puissance titulaire, était représentée à divers niveaux. Le président Nicolas Sarkozy, était personnellement représenté par son ministre Jean Louis Borloo, tout comme les anciens Premiers ministres de l’Hexagone Alain Juppé et Michel Rocard ont fait le déplacement de Yaoundé. On a aussi noté la présence à Yaoundé de l’ancien secrétaire général de l’ONU, le ghanéen Koffi Annan, de l’actuel président de l’Assemblée l’institution internationale du même nom, le Dr Ali Abdussalam Treki, et de bien d’autres personnalités du monde, dont on pourrait dire sans risques de se tromper que la voix compte sur le plan international.

En tout cas si l’on compare aux festivités du Cinquantenaire de l’Indépendance du Sénégal organisé avec faste début avril 2010, on peut en quelque sorte relativiser le succès en terme d’affluence, dont les tenants du pouvoir au Cameroun pourrait légitiment se prévaloir. Le président de la République du Sénégal Me Abdoulaye Wade, bien que vivement critiqué par son opposition politique pour l’ampleur qu’il a donné à ces festivités, a pu mobiliser 21 chefs d’Etat qui ont ainsi eu l’occasion de visiter l’impressionnant monument de la Renaissance africaine. Mais l’essentiel de la satisfaction du président Paul Biya pourrait se situer au niveau de la CEMAC : tous les chefs d’Etat de la sous région ont fait le voyage de Yaoundé et ont assisté à la grande parade au Boulevard du 20 mai. Ajouté à cela la très sympathique, amicale et fraternelle représentation du Nigeria, il y a de quoi, pour Paul Biya (et à travers lui tout le peuple camerounais) de se sentir soulagé.

Grande parade au Boulevard

La fête au Boulevard du 20 mai hier, a duré près de 4h. Tout a commencé par l’arrivée des hôtes du chef de l’Etat. Presque tous rassemblés dans un gigantesque bus VIP, ils ont été accueilli au Boulevard du 20 mai par des applaudissements nourris des personnalités installées dans les tribunes. A son arrivée à 10h sur la place des cérémonies, Paul Biya a salué les couleurs nationales après l’exécution de l’hymne national par la musique de la garde républicaine. Un moment d’intense émotion pour ceux qui, il y a plus de 50 ans de cela, un certain 1er janvier 1960, ont entendu pour la première fois résonner le chant de ralliement de tous les Camerounais. S’en est suivi la revue de troupes placées sous le commandement du général Sali Mohamadou, ancien aide de camp du feu président Ahmadou Ahidjo. Il était secondé par le colonel Enanga Barnabas, qui a aussi composé les paroles de la chanson exécutée avant le début du défilé par l’orchestre de la gendarmerie nationale devant la tribune présidentielle. Le passage des différentes troupes des armées camerounaises était entre autres cadencé par la chanson « Va de l’avant Paul Biya ». Pendant que dans les airs, l’armée de l’air se livrait à une certaine démonstration de force à travers le passage au-dessus de la tribune des avions et hélicoptères militaires. Pendant de près de deux heures, nos forces de défenses, soigneusement habillées, le pas bien alerte, ont tenu en haleine le public et les téléspectateurs de la CRTV. Le défilé civil quant à lui s’est ouvert par les écoles de l’Education de base. Avec en tête l’école publique bilingue de Bastos qui a exécuté des chansons patriotiques sélectionnées par le ministère de la jeunesse à l’issue d’un concours. Vont suivre les élèves des établissements secondaires de Yaoundé, puis les étudiants des Universités et grandes écoles localisées dans la capitale camerounaise et ses environs. L’originalité ici, le pagne du Cinquantenaire. « Une manière de mettre en avant l’Unité nationale chère à notre pays », a commenté un cadre en fonction au ministère de la Jeunesse. Quand arrivent les partis politiques, on retombera évidemment dans la divergence, notamment pour ce qui est des tenues vestimentaires. Tantôt des tee-shirts, tantôt des pagnes, chaque parti politique s’est présenté au défilé selon ses moyens et son ampleur sur la scène politique nationale. Au demeurant, ils étaient 21 partis politiques au total à être passés devant la tribune officielle. Et comme d’habitude c’est le RDPC, le parti au pouvoir au Cameroun qui a clôturé la grande parade dans une démonstration de force qu’on lui connait en cette occasion.

Au final, l’apothéose au Boulevard du 20 mai de ces festivités des Cinquantenaires, fut un bonheur pour ceux qui l’ont vécu. En attendant naturellement les remous de l’après fête…

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10 Réactions

  1. Marie-Jeannine COLDEFY dit :

    J’ai regardé au journal télévisé quelques extraits des festivités du 20 mai cinquantenaire de notre cher pays le Cameroun et j’en étais très émue. Quand on a la fibre citoyenne et patriotique, je pense qu’on pouvait ranger ne serait-ce que pour un temps (le temps de cette commémoration), toutes sortes de ressentiment et essayer de vivre en communion avec tous les Camerounais, ce moment qui constitue un grand tournant de notre histoire. Le monde avait exceptionnellement les yeux tourné sur le Cameroun. le défi du gouvernement et du peuple camerounais était justement et légitimement de se montrer sous son meilleur jour, malgré le vécu quotidien qui peut révéler une certaine réalité. A mon humble avis et si je ne m’en tiens qu’à ces images, je puis affirmer que ce défi a été largement relevé. Vive le peuple Camerounais, vive le Cameroun et que Dieu nous protège tous !

  2. AMIN Youssufa dit :

    @Marie- COLDEFY dit :
    « Le monde avait exceptionnellement les yeux tourné sur le Cameroun »
    Vous mentez comme tous vos compatriotes!
    quel monde s’est intéressé à votre monde?
    Qui vous l’a dit?
    Comment pouvez-vous le prouver?
    Pourquoi s’intéresserait-on au Cameroun?
    Menteuse vous êtes!!!

  3. Branco dit :

    je me pose aussi la meme question: on fete koi?
    le budget alloué à cette kermesse est évalué à environ 44milliards de cfa. Ce montant aurait pu en 6 mois doté la jeunesse kamerunaise de 04 palais de sport ou résoudre les probleme d’eau à dla et yde. C’est encore la preuve que nous manquons, ou du moins M BIYA manque de lisibilité et est peu etre atteint d’une myopie intellectuelle l’obligeant à condamné son peuple.on meurt encore de cholera dans la capital kamerunaise apres 50ans

  4. Nana louis de Jésus dit :

    Objectivement, après une telle excitation et de telles remous (peut-être légitime ou peut-être pas), le camerounais normal que je suis est sujet à deux sentiments. On se laisserait presque séduire par tout ça qu’on s’est efforcé à faire: les pays que nous avons mobilisés, les hommes que nous avons exhibés et les espoirs que nous avons suscités (toute une conférence pour penser l’Afrique du 21ème siècle, ou ne serait-ce que du folklore?) Mais tout intellectuel devrait se poser la pertinente question de savoir: « on fête koi? » il faut être réaliste! C’est toujours une histoire d’argent pour ceux qui nous gouvernent. Combien de millions ceux-là se sont fait pour – prétend-on – glorifier le Cameroun et les camerounais. Notre gloire serait ailleurs: qu’on crée des conditions viables dans tous les sens du terme, qu’on réfléchisse pour nous, non pour des « ventres », qu’on donne à la jeunesse plus que des discours mais une véritable occasion d’espérer et de se montrer audacieuse en allant à la conquête du monde, et j’en passe. Mais avec un tel contraste entre la réalité et le rêve que l’on veut présenter au moce, on se demande très sérieusement si les dirigeants de ce pays pensent. Trop de « francisme »: colloques, grandes conférences, etc. Soyons pragmatiques!

  5. wauty Jean - Claude dit :

    Hà, si de telles manifestations pouvaient accélérer une harmonie d’actions coordonnées Africaines qui assurément favorisait une idéologie de développement résolument pélagienne pour que s’étouffe l’imposition Saint Augustinienne, responsable de trop d’eugénismes par manipulations mentales coercitives.

    JC Wauty

  6. De mon point de vue ,organisé une telle cérémonie est très importante pour la nation camerounaise mais le problème est que: « est que c’est normal de dépenser autant d’argent pour cette fête » qui pourtant nécessite plus de telles réflexions sur tous les plans . d’où la majorité des camerounais ne sentent pas concernés pas cette fête soit disant « unité » , cette unité existe vraiment dans notre pays alors que nous remarquons le Cameroun anglophone depuis son rattachement au Cameroun francophone pour vivre ensemble . depuis cette unification rein n’a changer on dirai que les anglophones sont marginalisés comme s’ils étaient des étrangers dans un autre pays .Regardez dans nos lycées bilingues, on constate et on observe qu’il y’a une désunion entre ses peuples d’ou parfois on utilise certaines expressions comme  » BAMENA » .grâce à ces genres de propos comment voulons nous qu’on parle d’unité.
    Tellement que nous sommes focalisés sur la fête de l’unité,nous savons finis par oublier l’indépendance de notre pays qui se célèbre le 1er janvier 1960. ces hommes d’état ont sacrifié notre indépendance aux profils de la fête du partie au pouvoir . c’est humiliant pour se qui se sont battus

  7. Ongola dit :

    Franchement certains Camerounais me font parfois interpeller ma propre conscience. Le véritable problème dans nos Etats africains est que là où la colonisation a réussi sa mission ce fut la capacité de tuer la notion de nationalisme dans le mental de beaucoup d’entre nous. Certains Camerounais croient qu’on est toujours obligé d’aller leur chercher dans leur très petit égo pour affirmer leur identité. On ne négocie avec un citoyen digne pour affirmer son appartenance à une identité nationale. Comme nous sommes dans l’ère du matérialisme à outrance, certains Camerounais pensent qu’il faut dépenser des fortunes pour manifester son patriotisme. C’est un défaut regretable de manque de nationalisme et de patriotisme. Que vaut le matériel par rapport à son affirmation d’être citoyen d’un Etat ? Pour qui pense que nous ne sommes pas unis, moi Ongola je suis grandement fier d’être Camerounais et pour rien au monde je ne serai prêt à tronquer ma nationalité camerounaise même en me donnant tout le budget militaro-industriel américain. C’est un leurre d’avoir des réserves sur l’unité de notre pays et croire que c’est après l’hypothétique alternance qu’on le sera. Tous ce qui intéressent ce sont les budgets alloués à la manifestation. Une chose est tous ceux qui critiquent la gestion de ce budget sont en grande partie ceux qui feraient exactement la même chose que ceux qu’ils critiquent. La gestion de ce budget fera bien l’objet d’un audit. Et quand certains viendront à répondre de leur gestion calamiteuse face aux tribunaux, ce sont les mêmes Camerounais qui vous parleront encore des arrestations d’épuration politique. Apprenons être sérieux nationalistes, patriotes, légalistes et loyalistes. La reconnaissance d’être Unis ne se marchande pas.

  8. jdanilo dit :

    Le président ivoirien demande aux ivoiriens de suivre l’exemple du peuple Camerounais !
    Malgré la critique ce fut un moment grand unique en émotion et en symbole pour l’image du Cameroun et de tout son peuple.
    Le panel des invités et la conclusion de cette cérémonie confirme son positionnement capital dans la sous région d’Afrique centrale et sur le continent !
    Vive le peuple Camerounais vive le Cameroun et vive l’Afrique !

  9. nabe dit :

    Salut Marie janinine coldefy,j’ai comme impression que pour vous toute la realite’ de ce qui se passe au cameroun se resume en ce que vous voyer a la tele. MAIS je vous rapelle que les pays comme la france sont champion du monde en ce qqui concerne(organisation des ceremonies en memoir de leurs freres morts dans les combats).si tu comprends bien je veux par la’ te dire que une fete du cinquantenaire au cameroun sans reveiller la memoire nationaliste de(UM NYOBE, ERNESTE WANDJI……ETC)N’est pas une fete.parlons maintenant des invites et leur histoire,BLAISE COMPAORE(tue sankara) LAURANT BAGBO(vous savez ce qui se passe en cote d’ivoire) SASOU NGUESSOU(5000 morts pour revenir au pouvoir) OBIANG(50ans au pouvoir apres avoir tue’ son son ongle) ALI BONGO(PLCER PAR SON PERE) LA france(assasin) C’est ça le regard du monde tourne’ vers le CAMEROUN dont tu parle? ma tres chere soeur, ouvrons les yeux….merçi

  10. guy rolland bitoumou dit :

    j’ai lu les réactions des uns et des autres. pour le camerounais de 30 ans que je suis les 50 ans de (libération) du cameroun mon beau et cher pays pose une problématique très simple: avons-nous encore la foi de la génération des UM Nyobé? je pense que NON. je ne veux pas revenir sur les maux qui massacrent les camerounais au quotidien. je garde un souvenir très triste des festivités de ces 50 ans, tout comme je garde un mauvais souvenir de la génération de mes pères ( c’est eux qui gèrent le cameroun). La Foi est pour moi le socle sur lequel devait se faire les festivités. La Foi est le socle sur lequel les gouvernants doivent construire le cameroun. sans cette foi le cameroun ne sera dans 1000 ans.

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