A travers des exposés et des échanges sur les problèmes de développement, les physiciens réunis à Yaoundé depuis hier vont plancher sur la question. C’est une vérité de Polichinelle. Au Cameroun, il existe une inadéquation entre les activités de recherches des physiciens et les objectifs de développement fixés par le gouvernement. De plus, les physiciens camerounais travaillant sur des thèmes publiables dans de bonnes revues s’occupent surtout des aspects théoriques avec par moment le volet expérimental réalisé dans des laboratoires des pays développés grâce au financement de nombreuses institutions internationales et aux contacts individuels avec les collègues étrangers.
’est dans le but de donner un coup de pouce aux recherches orientées vers ce domaine au Cameroun, susciter l’intérêt des décideurs ainsi que les populations sur les bénéfices qui résultent de la recherche en physique, que l’association dénommée Cameroon physical society (CPS), organise depuis hier mardi 08 décembre 2009 à l’université de Yaoundé I une conférence internationale sur le thème « physique de haut niveau et à faible coût et solutions appropriées aux problèmes concrets de développement dans les pays en voie de développement ». Il est question pour les physiciens camerounais regroupés au sein de cette association ainsi que quelques imminents experts internationaux de réfléchir sur les possibilités de recherches de haut niveau mais à faibles coûts d’investissement, de réalisation et de maintenance, compte tenu de l’environnement financier des pays pauvres. Ils vont également débattre sur les thèmes de haut niveau à l’instar de physique statistique et les systèmes complexes, les sciences des matériaux, la physique atomique et moléculaire, les énergies renouvelables et la physique médicale. Lesquels thèmes peuvent directement avoir une incidence sur le développement technologique, économique et social des pays en voie de développement. Ils vont aussi donner l’opportunité aux jeunes physiciens camerounais qui ont l’insigne honneur d’abriter un événement de cette envergure, d’acquérir des connaissances sur les innovations scientifiques dans les domaines suscités.
Pour Paul Woafo, président du CPS, « le challenge du physicien camerounais aujourd’hui c’est de trouver des thèmes de recherches qui apportent des solutions pour le développement et qui doivent être traités selon le triptyque théorie – expérience – application mais exiger de faibles investissements, étant donné la situation récessive des pays en voie de développement. Si cette démarche est bien appliquée, les physiciens eux-mêmes seront capables de contribuer à travers des allocations de recherches à eux attribuées par le ministère de l’enseignement supérieur (MINESUP) à résoudre un certain nombre de problèmes liés à la recherche au Cameroun ».
La CPS est une association scientifique apolitique, à vocation intellectuelle, social et culturelle. A ce titre, elle se donne pour objectifs de mettre à la disposition des populations des connaissances nécessaires à la compréhension et à la maîtrise des phénomènes naturels liés à la physique et exploiter les potentialités naturelles camerounaises au service des sciences physiques. La conférence qui s’achève demain 10 décembre 2009 a connu la participation des experts venus des pays comme la France, le Brésil, l’Italie, l’Allemagne, le Canada, le Maroc, le Nigeria, le Bénin, le Togo…