Debrayage

Par pius.njawe | Jeudi 3 décembre 2009 | Le Messager

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Un appel téléphonique de STV m’a appris hier soir, à 18 :23, qu’il y aura ce jeudi 3 décembre 2009 un débrayage au Messager, notamment dans ses locaux de Douala et Yaoundé. Liliane Nyatcha qui vient aux nouvelles n’en sait pas plus que ce qu’elle dit avoir reçu sous forme de sms sur son téléphone portable, et encore moins sur le ou les auteurs de ce sms. D’autant plus que le numéro par lequel le testo a été envoyé est celui d’un callbox.

En mi-journée déjà, le REC du journal, Frédéric Boungou, a débarqué à mon bureau pour m’informer de ce que les journalistes avaient boycotté la conférence de rédaction du jour ; la salle de rédaction est restée déserte toute la journée d’hier, de même que le secrétariat technique et la documentation. Les journalistes et leurs collègues du secrétariat technique ne répondent pas aux appels téléphoniques, du moins quand ils identifient ceux-ci comme venant d’un responsable du journal. A Yaoundé, le personnel de la rédaction est également aux abonnés absents.

C’est de cette manière que des employés du Messager ont choisi de réagir face aux arriérés de salaires à eux dus par leur employeur. Soit au total sept mois. L’accumulation d’arriérés de salaire au Messager est récurrente depuis quelques temps déjà. Elle est la conséquence logique d’une baisse drastique des revenus du journal, elle-même consécutive à un environnement économique des plus hostiles. Depuis quelques années en effet, les recettes de ventes et les revenus publicitaires ont considérablement chuté, pour les raisons suivantes, au moins:

- L’inflation galopante qui caractérise l’économie camerounaise depuis près de deux décennies a eu pour conséquence fâcheuse de réduire de façon exponentielle le pouvoir d’achat des Camerounais, anéantissant du coup leur capacité à acheter un journal ; ce qui a provoqué au fil du temps la chute vertigineuse des tirages des journaux, et conséquemment les recettes de ventes.

- L’avènement et le développement des médias électroniques, notamment la radio, la télévision et internet, ont raflé au journal imprimé l’essentiel de son lectorat.

- Les annonceurs, dont seul l’audimat détermine généralement le choix des supports, trouve désormais plus d’intérêt à communiquer dans les médias électroniques devenus les moyens d’information préférés de leurs publics cibles. Aussi y concentrent-ils désormais l’essentiel de leurs budgets publicitaires.

- Les quelques annonceurs qui communiquent encore dans le journal imprimé ne respectent pas toujours les délais de règlement des factures, ce qui occasionne pour l’entreprise de presse des frais financiers exorbitants au niveau de la banque, notamment quand elle a pu obtenir une avance de trésorerie garantie par le bon de commande de l’annonceur. Il en est ainsi de nos créances aux ministères des Finances et du Tourisme.

- L’indépendance éditoriale dont fait preuve Le Messager l’expose à toutes sortes d’exactions, qui vont du chantage alimentaire à l’exclusion des campagnes publicitaires, en passant par la rétention sans droit de ses revenus publicitaires (retards de paiement).

Ces raisons ne sont pas exhaustives. Et quand on y ajoute la répression fiscale devenue notre lot (après les scellés de septembre sur nos bureaux, nos comptes bancaires sont scellés depuis le 18 novembre par les services des impôts), il est aisé de comprendre l’ampleur de la crise que traverse aujourd’hui Le Messager. Qui, il n’est pas inutile de le souligner, n’a pour seules sources de revenus que les recettes des ventes et de publicité.

De ce point de vue, le débrayage annoncé par des employés du Messager, qui en réalité a même commencé avant d’être annoncé, est tout à fait compréhensible. Sauf que ses initiateurs auraient dû y associer tous les salariés que nous sommes, et, par-dessus tout, respecter la procédure légale en la matière. En tout état de cause, la direction de l’entreprise continuera, comme elle l’a toujours fait, à rechercher les voies et moyens de résorber cette crise, en invitant les uns et les autres au dialogue. Il ne sert à rien, en effet, de s’inscrire dans une logique de destruction alors que les causes de nos malheurs sont connues de tous.

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15 Réactions

  1. basamba miles dit :

    Vraiment que font tous ses hommes d’affaires riches du Cameroun , aucun d’eux n’a le sens du développement culturel de leur pays. Un journal comme « le messager » mérite d’obtenir des dons sans aucune intention. « Le messager » est devenu un patrimoine du Cameroun un peu comme le journal « Le monde » en France.

  2. zeab dit :

    le messager a besoin du soutien et l’appui de tous les camerounais. Quand certaines gens ont
    des milliards qui ne servent a rien dans des comptes en europe, ils oublient que le mesager est
    un vrai investissement car il est le sel de la terre de la vie quotidienne du Cameroun.

  3. Nyé'été dit :

    Salut mon cher Pius!

    Qu’est ce qui nous arrive mon cher.

    Ne penses-tu pas que les raisons évoquées par toi ont fait l’objet d’un refus volontaire de croire que toi aussi, tu es vulnérable?, mortel?, camerounais? du Cameroun?

    Car, je ne crois pas que tu ais si longtemps obtenu des lauréats, des distinctions de par le monde sur la tete du Cameroun, que tu ais beaucoup voyager de par le monde, par ce que le Cameroun que tu as considéré comme une merde existentielle a été ce pays à travers lequel toi mon Cher Pius, tu as bu du petit lait, dormis dans les grands hotels, rencontré de très grandes célébriétés intellectuelles et culturelles, de très grands chefs d’états.

    Tu as sali le Cameroun.

    Tu es celui qui a fait plus de mal au Cameroun que feu Mamadou, grand camarade de regreté mémoire.

    Tu es un traite mon Cher Pius.

    En Chine je sais ce que tu serais devenu.

    Oui, tu l’avais oublié « un notable ne trahis pas son chef et ne le contredit jamais ». Je sais qu’au Cameroun, tu es de cette culture. Mais d’où t’est venu cette haine du Cameroun et de son chef ? Faut il seulement croire que les seules motivations qui t’aient annimées étaient la recherche de la « vérité »?

    Non, ( ce n’est pas un bilan de ton journalisme ou tes mémoires que je veux initier) ce n’est pas vrai que tu ais penser un seul instant que toi Mr Pius, tu avais donné en mariage ta soeur à Dieu pour te croire au dessus de la loi de Dieu sur et pour le Cameroun.

    Tu évoques là les fausses raisons de ton échec managérial. Tu avais donné cette impreeion que le » parlotte c’est du faire ». Il y a des entreprises de presse au Cameroun qui marchent bien malgré « l’inflation bla bla bla ».

    Tu as toujours été une victime toute ta vie. Mais pour te dire vrai, je me suis toujours demandé pourquoi tu as gaté cet avantage que le Cameroun t’a permis d’avoir.

    Nous t’avons aimé Mr Pius et à force de nous avoir vilipendé à travers le monde (en Afrique de l’Ouest notament), j’ai cultivé ma haine passive sur VOUS.

    Et si tu redevenais camerounais?

  4. Man Beti dit :

    Mon cher Nye’ete,
    Il est delicat de vouloir trouver la source des difficultes du Messager dans la « traitrise » supposee de M. Njawe.
    Peu-etre M. Njawe est-il de ces Camerounais qui aiment leur pays au point de ne pas accepter de le voir reduit a PPTE, « champion du monde de la corruption » et autres titres infamants. Ce « performances » ne sont ni le fait de Njawe, ni des occasions de silence pour les patriotes camerounais.
    En rejeter la responsabilite sur qui de droit, le gouvernment en place, n’est pas etre « traitre » vis-a-vis de son pays. M. Njawe, et le Messager avec lui, en paye le prix. Comme beaucoup d’autres, dans la presse, dans l’armee, dans les affaires, dans l’administration.
    Si Njawe etait rosicrucien/franc-macon/politicien, tous ses problemes auraient ete regles depuis, mais le Messager serait mort. Peut-on lui reprocher de vouloir etre fidele au moins a ses propres ideaux?
    Allez donc voir comment font les autres titres de la presse camerounaise pour survivre, surtout ceux a qui vous semblez decerner des badges de bonne gestion dans l’environnement actuel.
    Deux questions pour terminer:
    Connaissez-vous vraiment le Cameroun, et la presse camerounaise?
    Quel est votre sentiment face aux degats collateraux du systeme esoterique/mafieux/incompetent/corrompu qui tient notre pays?

  5. Mon cher Nye’ete,

    Mon frère, je demande tjrs comment certaines personnes font pour supporter paul biya comme toi, j’ose croire que nous ne vivons pas dans le meme cameroun. Je vais te dire une chose, aujourd’hui tu mange grace a paul biya et tu te dis le cameroun va bien. C’est notre probleme nous autres camerounais, nous nous comportons coe si apres nous le cameroun va disparaitre. Mais sachez une chose vos enfants heriterons de ce pays comme nous tous avec ses demons, meme si vous leur laisser 1 miliard de f cfa, un jour meme un feyman va leur escroquer cet argent, ils deviendront pauvres et sauront la vrai realité du pays. Mon seul amour est pour celui qui se bat pour le bien du cameroun, ma ton paul biya a fait koi en 27 ans? rien, rien, rien,…..rien sauf dormir en suisse. Connais – tu dans le monde un chef d’etat qui dirige son pays à partir de l’etranger dans un hotel? Dis moi oui comme vous etes des malades dans ce cameroun. S’il vous plait ayez la decence de voler, et de manger en cachette au lieu de venir vomir des salétés ici.
    Vous ,me faites vraiment honte. Je te rappelle je vis au canada et au cameroun pour mes activités, je ne suis pas pauvre mais je partage la souffrance de mes freres camerounais qui n’arrivent pas à manger tous les jours comme moi et ma famille.
    Dieu vous attends le jour du jugement , satan sera heureux de vous accueillir meme vos ancetres vous maudits deja.
    Traite c’est toi Mon cher Nye’ete,

  6. Théo de Paris dit :

    M.Nye’te, le traitre n’est pas celui que tu crois, mais c’est l’autre à qui tu ressembles. Plus prosaïquement, c’est Biya et sa clique acompagnés d’égoïstes que tu es.

  7. Brother dit :

    Après avoir vilipendé le concitoyen qui ne semble pas vivre au Cameroun, venons en aux problèmes de M. Njawé. Il faut faire quelque chose et lui proposer des solutions concrètes. Tous ceux qui aiment la vérité doivent se sacrifier pour elle à fin de la maintenir. Au secours frères soeurs et amis du Messager de la diaspora!

  8. tony dit :

    Si l’Etat camerounais doit des centaines de millions au « messager » . Il les lui payera en monnaie de singe . Le pays est en plein debut de campagne electorale . Il est temps de mettre en route le rouleau compresseur du Grand Partie afin de museller tous les fouineurs comme Pius Njawe et Cie et reduire au symbole le temps d’antenne de l’opposition . Pour cela on mine les syndicats en monayant leurs leaders pour que ces derniers aident a destabiliser les organes hostiles au regime … Hier c’etait le secrataire particulier de John Frun Ndi, aujourd’hui le messager, ceci a la seule difference que c’est les mecs du syndicat qui semblent y trouver leurs comptes . Aucune facture due par le gouvernent ne sera payee si son beneficiare a eu a afficher publiquement une attitude hostile au regime . C’est de bonne guerre . Pourquoi donner aux autres les moyens qui serviront a vous combattre ? Allez voir quel temps il fait chez les voisins qui passent outre les travers de nos decideurs … C’est bien de faire greve, pourvu qu’elle serve votre cause .

  9. Edouard dit :

    Ils avaient parle de dons a un moment donne mais je ne sais plus ou est le lien vers la donation.

    Il faut vraiment que les gens se reveillent pour sauver le Messager. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas…

  10. Mbom dit :

    je suis partant pour sauver le messager. il est symbol de la resistabce au Cameroun. je souhaite avoir les informations a propos dune eventuelle contribution. merci

  11. pchailleux dit :

    Ö Corruption quand tu nous tiens!!

  12. Il est important que nous arrangions à acheter chacun son journal, malgré la crise, ne serait-ce que trois jours par semaine. C’est la seule manière d’aider le Messager à résoudre ses problèmes financiers. Comme ont déjà dit mes autres frères, la campagne électorale est déjà lancée du côté d’Etoudi, et ce nest pas le moment pour les tortionnaires du Messager de libérer ses créances puisque cela fait partie des mesures qu’ils prennent pour essayer de museler les journaux qui ne leur sont pas favorables. Alros, à nos bourses pour permettre à notre journal de continuer à vivre.

  13. Master dit :

    @Nyé’été

    Mon cher, le traître c’est toi. Les individus de ta trempe sont les véritables traîtres des ce pays. En passant, il faudrait faire un tour au primaire avant de venir vomir des énormités ici.
    Du courage Pius Njawe !

  14. tony dit :

    Croyez moi chers freres, ceci n’est que l’avant gout des choses a venir . Attendez voir le semestre avant les elections . Vivement que l’utilisation du web se repande ,se vulgarise, et soit a la portee des moins nantis . Ces derniers sont la cible des campagnes electorales . Le concours de la television privee devrait etre tout aussi manifeste que la radio privee . L’intox sera de taille .

    Pius devrait deja entamer un processus pour desinteresser ceux de ses employers dont les postes se sont vues marginalises par l’avenement du net publishing . le ventillation des journaux aconnu un declin certain au niveau de toute la presse mondiale . Des licenciements massifs sont mannaie courante tant en occident que sous les tropiques . Un audi rigoureux du personel devrait devrait donner lieu a une redefinition des roles dans l’optique d’un meilleur rendement ..
    Sachez qu’un employe aigri sera votre pire cauchemard devant l’enemi(le pouvoir en place ) . Le present debrayage devrait servir de matiere a reflection . … Ne pas attendre la veille des elections pour s’en rendre compte .

  15. [...] d’arriérés de salaires. Dès le lendemain je m’interrogeais sur Twitter  à la suite de l’editorial de Pius [...]

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