Transparency International: Le Cameroun toujours aussi corrompu

Par jean.francois.channon | Jeudi 19 novembre 2009 | Le Messager

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Le 17 novembre 2009 marquait le jour du lancement mondial de l’Indice de perception de la corruption (IPC) à travers le monde. Le président de Transparency international Cameroun, Me Charles Nguini, a ainsi rencontré la presse nationale et internationale. C’était mardi en matinée dans la salle de conférence de la Fondation Salomon Tandeng Muna à Yaoundé. Avant d’entrer dans le vif du sujet, Me Charles Nguini a commencé par présenter la méthodologie qui permet d’élaborer l’Indice de perception de la corruption. L’IPC dans le langage technique de Tranparency se définit comme étant un sondage des sondages qui mesure le degré selon lequel la corruption est perçue au sein des pouvoirs publics et dans la classe politique dans 180 pays. L’Indice de perception de la corruption 2009 rassemble les informations recueillies sur la base d’enquêtes menées en 2008 et 2009.

L’IPC 2009 est établi à partir de 13 sources d’informations différentes émanant de 10 institutions indépendantes. Chacune de ces sources mesure le degré de corruption (fréquence ou non des pots-de-vin) affectant le secteur public et le monde politique, et procède à un classement des pays s’appuyant sur l’évaluation des différents pays concernés. Continuant dans la même lancée, Me Charles Nguini a précisé que « lorsque la source d’information utilisée est une enquête pour laquelle plusieurs éditions sont disponibles, les données relatives aux deux dernières années sont prises en considération afin de lisser les résultats ». De même que « lorsque la source d’information utilisée consiste en un ensemble de notes attribuées par les experts (agences de notation des risques, analystes-pays), seule la dernière notation est prise en compte car les notes sont généralement revues par un autre groupe d’experts et évoluent peu d’une année sur l’autre ».

Ainsi, l’évaluation du niveau de corruption affectant un pays ou une région est effectuée par deux groupes distincts. A savoir un groupe d’experts du pays, qu’ils soient résidents ou non résidents, (généralement 60% de non résidents et 40% de résidents) et un groupe de dirigeants ou cadres supérieurs. Pour L’Indice de perception de la corruption de l’année en cours, les sources qui ont fourni les informations à partir d’analyses par la suite conduites par les experts sont des institutions telles que, la Banque africaine de développement, la Banque asiatique de développement, l’Economist Intelligence Unit, la Freedom House, le Global Insight et la Banque mondiale. A cela s’ajoute des sources reflétant les évaluations effectuées par des dirigeants ou des cadres supérieurs résidents de leur propre pays tels que IMD, Political and Economic Risk Consultancy et Forum économique mondial.

Les pays en conflits les plus touchés

De manière pratique, « pour déterminer la note moyenne d’un pays, on procède à un étalonnage des classements des pays établis par chacune des sources de référence par le biais de la méthode des percentiles, qui permet de combiner des sources dont la distribution statique est différente. Si cette technique a pour inconvénient la perte de quelques informations, elle permet toutefois de maintenir les notes obtenues à l’intérieur de l’intervalle de valeur de l’IPC, à savoir 0 et 10 », a poursuivi Me Charles Nguini. Le président de Transparency International Cameroun affirmera aussi par la suite que « le score d’un pays est établi en calculant la moyenne de toutes les valeurs étalonnées du pays concernéPuis le score et le rang de chaque pays au titre de Ipc sont accompagnés de l’indication du nombre des sources utilisées, des limites supérieure et inférieure, de l’écart-type et de l’intervalle de confiance. L’intervalle de confiance est déterminé par une technique d’interférence statistique basée sur une succession de ré-échantillonnages. Un intervalle de confiance de 90% est ensuite établi pour lequel il y a 5% de probabilité que la note soit supérieure et 5% de probabilité que la note soit inférieure. »

Si Me Charles Nguini a voulu ainsi s’étendre pendant longtemps sur la méthodologie utilisée par Transparency International pour élaborer l’Indice de perception de la corruption, on l’imagine, c’était pour dissiper tous les nuages d’incompréhensions qu’entretiennent très souvent des dirigeants de certains pays épinglés l’IPC dans le but de discréditer le travail fait par Transparency International. Le président de Transparency International Cameroun a par la suite fait comprendre aux journalistes que malgré le fait que l’économie mondiale enregistre des premiers signes d’une reprise et que des nations continuent de lutter contre les conflits et l’insécurité permanents, il apparaît clairement qu’aucune région du monde n’est à l’abri des dangers de la corruption qui affecte pour la plupart du temps les secteurs publics des pays. Venant maintenant à la liste des pays où la corruption en 2009 apparaît élevée, Me Charles Nguini est allé lire l’IPC 2009. C’est ainsi que sur les 180 pays soumis à l’IPC, les 6 pays qui occupent respectivement les derniers rangs sont entre autres des pays en conflit. Il s’agit de l’Irak, du Turkménistan, de l’Uzbekistan, du Tchad, de l’Irak, du Soudan, du Myanmar, de l’Afghanistan et de la Somalie.

Les six premiers pays qui sont mieux classés selon l’IPC 2009 et qui par conséquent barrent la route à la corruption sont, la Nouvelle Zélande, le Danemark, Singapore, la Suède et la Suisse. Sur le continent africain, le Botswana, l’Île Maurice, la Cap vert, les Seychelles, la République sud-africaine et la Namibie sont les mieux classés. Alors que au bas du tableau se trouvent les pays comme la Guinée Bissau, le Burundi, la Guinée équatoriale, la Guinée Conakry, le Tchad, le soudan et la Somalie. Sur les 180 pays soumis à l’Indice de perception de corruption 2009, le Cameroun est classé 146è. Rang qu’il partage avec le Kenya, la Sierra Leone, et le Zimbabwe. Le pays que dirige depuis 27 ans Paul Biya est parti en 2008 de 2.3 à 2.2. Une stagnation épouvantable…

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3 Réactions

  1. Le classement du Cameroun sur l’échelle de TI 2009 ne surprend guère. Ce classement interroge la volonté réelle du gouvernement en place de lutter contre la corruption et pose le problème de l’éfficacité de la CONAC.

  2. Le patriote dit :

    La corruption finira au cameroun quand biya lui meme sera fini…! pour l’instant c’est le moyen qu’il a de rester au pouvoir.

    vive la corruption!

  3. pipondab dit :

    Au CMR, la corruption c’est la respiration du rdpc; comment peut-elle finir??? elle finit, le CMR finit!!

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