Photographie: Pluie de récompenses à Bamako

Par jean.francois.channon | Jeudi 19 novembre 2009 | Le Messager

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Musée national du Mali mercredi 11 novembre 2009. Il est 17h. Comme à l’ouverture des 8è Rencontres de Bamako, la biennale africaine de la photographie, la cour intérieure de ce grand lieu de la culture malienne est pleine de monde. Il y a là des photographes qui sont exposants, des journalistes venus du monde entier, et un public de mordus de la photographie africaine constitués d’Européens et d’Africains. La remise des différents prix mis en jeu à l’occasion de cette 8è édition de la biennale africaine de la photographie était le clou de cette journée. Le ministre de la Culture du Mali, Mohamed El Moctar préside la cérémonie. Il a à ses côtés, Sophie Renaud de Culturesfrance, Gabin Hamann chargé d’affaires de la Délégation de la Commission européenne au Mali.

De même que sont présents aux premiers plans, Samuel Sidibé, le délégué général des rencontres de Bamako et l’ambassadeur de France au Mali. Le maître des cérémonies est l’écrivain, réalisateur et professeur de littérature, Manthia Diawara. De sa voix teintante, cet universitaire malien, enseignant à New York University égraine les noms des lauréats des différents prix au rythme des applaudissements de la foule. On commence par les prix particuliers et sponsorisés. Le prix jeune talent (2000 euros) offert par le groupe Bolloré est revenu à Bodouin Mouanda de la République démocratique du Congo. L’artiste photographe a fait un travail sur « La sape, une chronique congolaise ».  Il s’agit d’un ensemble de photographies des différentes formes d’habillements contemporaines au pays de feu Mobutu Sese Seko.

Son travail a séduit le jury que présidait le célébrissime photographe malien Malick Sidibé. Le prix Elan, attribué par l’agence française de développement et dont le lauréat est Salif Traoré du Mali pour sa photographie sur le « Rêve non réalisé ». Il s’agit des photos sur la vie quotidienne des jeunes d’une association qui comprend des Ivoiriens, des Congolais et des Maliens. Ensemble, ils ont décidé d’avoir une protection des autorités maliennes et aussi de travailler, gagner leur vie, afin d’aboutir à un avenir meilleur sans passer par l’Europe. Salif Traoré a filmé leurs instants de vie, a été récompensé par ce prix Elan dont le montant n’a pas été communiqué. Le prix Casa Africa, une institution espagnole qui soutient l’évènement, a été attribué par le jury à la photographe sud africaine Zanele Muholi. Cette grande militante du droit des homosexuels a filmé «miss divine», un homosexuel travesti, mis sous le vêtement d’une dame.

Le prix de l’Union européenne (3000 euros) est revenu à Jodi Bieder, autre Sud africain pour son œuvre «Going home». Un travail sur les inondations et les catastrophes au Mozambique, et sur l’opération Crackdown engagé par les autorités en Afrique du Sud pour faire baisser la criminalité. De même, notre compatriote camerounais Guy Wouete qui a reçu le prix de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) pour une valeur de 1500 euros. Motif, son travail a été jugé sérieux et engagé. A travers sa vidéo et sa photographie, il invite l’Afrique en général et son pays le Cameroun en particulier à faire attention de l’ambiance dit de paix qui y prévaut. « On ne peut pas dire qu’il y a paix alors que les injustices et les inégalités sont criardes entre les citoyens. Et l’absence de démocratie un leitmotiv », expliquait-il. Le prix spécial du jury a été décerné à deux artistes photographes. Berry Bickle du Zimbabwe et de Abdoulaye Barry du Tchad vont se partager les 2000 euros, valeur du prix en question. Berry Bickle a montré des photographies des résidus de vêtements humains pris sur les fils barbelés, symbole de la perte, de l’échec et de l’individu en situation de conflit.

Enfin, le Grand prix de Bamako 2009, prix Seydou Keïta (3000 euros) a été attribué au photographe nigérian Uche Okpa Iroha. L’artiste a travaillé sur la division ou le fossé dans l’ordre spatial et l’appropriation dans la société où les humbles naviguent constamment à travers les processus socio-économiques ne laissant des traces derrière eux et en ouvrant de nouvelles voies pour eux- mêmes. Le photographe y a mis de la fantaisie artistique qui stigmatise sa thématique.

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