16,5 milliards Fcfa. C’est le montant supposé des détournements opérés par certains cadres en service au bureau de Paris de la Banque des états de l’Afrique centrale (Beac). Toutefois, et selon le rapport du comité d’audit de la Beac mis en place par les ministres des Finances de la Cemac le 3 avril 2009 à Bata, l’ampleur des détournements semble considérable. Et, des sources introduites à la Beac, le chiffre de 16,5 milliards de Fcfa relevé par les enquêteurs serait en dessous de la réalité. D’ailleurs, dans leurs recommandations à la fin de l’audit, les auditeurs insistent pour la poursuite des investigations sur les chèques inférieurs à 10 000 euros, l’analyse du compte de la Beac ouvert sur les livres de la Banque de France, l’analyse des mises à disposition pour les agents de la Beac…
« De fortes présomptions permettent d’estimer que ce chiffre recouvre l’essentiel, il s’agit là des seuls montants reconstitués avec certitude et pour la seule période allant de 2004 à 2008 », estime le rapport. D’ailleurs, les auditeurs du cabinet Mazars révèlent dans leur rapport que « les procédures convenues avec la Beac ont limité, pour des raisons de coûts et de délai, le nombre de copies de chèques et remises de chèques demandés à la société générale à un volume représentant, en valeur, les 2/3 des flux non rapprochés… » Traduction simple, 1/3 de chèques concernés n’ont pas été analysés pas les auditeurs. On est donc loin, très loin même du montant exact des fonds détournés à la Beac. Et pour une source introduite à la Beac, lorsque les auditeurs vont analyser les chèques inférieurs à 10 000 euros (environ 6,5 millions de Fcfa), la surprise risque d’être bien grande. L’autre préoccupation des enquêteurs est l’attitude du gouverneur de la Beac face à la mission d’audit.
Limitations
Le rapport du cabinet Mazars révèle que c’est le gouverneur de la Beac qui a défini la mission des auditeurs. Un cadrage qui n’a vraiment pas permis aux fouineurs (les membres du comite d’audit) d’établir les responsabilités des uns et des autres, et surtout l’ampleur des détournements. Le cabinet Mazars fait ainsi mention d’un certain nombre de limitations qui ne pouvaient pas permettre aux enquêteurs de mener un audit en suivant les normes internationalement reconnues. Il s’est plutôt agit « de la mise en œuvre de procédures convenues avec le gouverneur et le directeur général de l’exploitation de la Beac… »
L’audit n’a donc pas concerné l’assistance à des contrôles physiques. Mieux, la mission du cabinet Mazars ne couvrait pas l’analyse, ni la justification du compte bancaire Bnp Paribas ouvert en 2007. Pour quelle raison l’actuel gouverneur de la Beac a-t il limité l’action des auditeurs ? Affaire à suivre.
