L’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (Asac) s’est donnée de nouvelles ambitions au terme de son assemblée générale des 13 et 14 mai 2009.
Abordant les préoccupations majeures des sociétés d’assurances du Cameroun, un assureur affirme que l’assurance des véhicules administratifs et des édifices publics “ échappe aux assureurs parce que c’est l’Etat qui est lui-même son propre assureur ”. Malheureusement, le sempiternel vœu des compagnies d’assurances d’avoir l’Etat dans les registres de leur clientèle restera encore un idéal. Parce que, comme l’a relevé Titti Pierre, ministre délégué aux Finances, l’Etat est mieux placé pour assurer lui-même ses véhicules et édifices. Une nuance cependant : certaines compagnies d’assurances comptent l’Etat parmi leurs clients pour les branches d’assurances sus évoquées.
Les membres de l’Asac ont plusieurs doléances. Les assureurs locaux voudraient que leurs services soient sollicités expressément dans les grands projets industriels par des mentions figurant sur les appels d’offres. Pour que les compagnies étrangères ne se taillent plus la part du lion. Les assureurs voudraient également que la protection des cadres soit prévue dans les dossiers d’évacuation sanitaire malgré leur complexité. Autres doléances de l’Asac : les créances impayées, les sociétés n’étant pas toujours à mesure de payer les sinistres. Sur ce registre des factures impayées, l’Asac relève qu’à sa fermeture, la Caisse nationale de réassurance était redevable de plus de 650 millions F cfa aux compagnies d’assurance.
L’Asac a adopté un protocole d’accord sur les impayés, pour “ lutter efficacement contre les déménageurs à la cloche de bois, ces assurés indélicats qui passent d’un assureur à un autre chaque fois en laissant des ardoises ”. Les assureurs souhaitent que le certificat maritime harmonisé soit protégé. Selon le président de l’Asac, Martin Foncha, “ le secteur des assurances a besoin d’une fiscalité incitative. Tout le monde y gagne ”.
Elections
L’assemblée générale de l’Asac tenue à Yaoundé les 13 et 14 mai 2009 a été marquée par le renouvellement de l’équipe dirigeante de ce regroupement professionnel. Au terme des opérations électorales, la présidence de l’association a été confiée à Martin Foncha. Il remplace, à ce poste, Jean Victor Ngue. Reconnaissant le travail de l’équipe dirigeante sortante, le nouveau président de l’Asac affirme : “ le train est en marche. Nous allons le maintenir en marche, sinon l’accélérer ”. Il annonce le développement d’un programme pour la culture d’assurance. Il exhorte en plus les professionnels du secteur des assurances à briller par le respect de la déontologique en vigueur. Les assureurs projettent la construction d’une maison de l’assurance.
Lors de cette assemblée générale, les comptes 2008 examinés ont été adoptés. L’Asac est une association regroupant vingt-cinq compagnies pour plus d’un millier d’emplois directs et des milliers d’emplois indirects. En 2008, son chiffre d’affaires était estimé à 110 milliards F cfa, avec une marge progressive de 16%. En 2007, 45,7 milliards Fcfa ont été consacrés au règlement des sinistres, soit une augmentation de 30% à comparer aux statistiques de 2005.